WELCOME TO SARAJEVO
En français
Ce film sera l'occasion de parler de l'adaptation d'un livre autobiographique à l'écran.
D'ailleurs Michael Nicholson, dont le livre Natasha's Story a inspiré le
scénario, explique : " je n'ai rencontré
Michael Winterbottom, le réalisateur du film, qu'une seule fois.
A Sarajevo. Cependant, il a été fidèle à mon
histoire à 80%. Mais un personnage comme Flynn, le reporter américain
du film, je n'en ai pas rencontré. Et pour cause : excepté CNN,
aucune télévision américaine n'a vraiment couvert
cette guerre, jugée trop dangereuse " (cf. interview dans
Télérama N°2505, 14 janvier 1998).
en histoire
Ce film offre l'opportunité d'aborder la guerre en ex-Yougoslavie et
de faire le bilan de plus de 5 ans de conflit : 300.000 morts et 400.000 blessés
parmi les civils, 3 millions de réfugiés déplacés.
Le film peut aussi servir d'introduction à
une analyse plus poussée des raisons de cette explosion identitaire
et à un état des lieux des Balkans, aujourd'hui. Il sera
également intéressant de suivre l'actualité et de
rappeler que bien que la paix de Dayton ait été signée
par les belligérants, les crises et les conflits ne sont pas forcément
terminés. Pour preuve la crise au Kosovo qui a abouti, cet été,
à de violents affrontements entre les combattants séparatistes
albanais (l'Armée de libération du Kosovo = UCK) et les
forces spéciales serbes.
Bibliographie
- Allain Marie-Françoise (sous la direction de), Colloque sur l'Ex-Yougoslavie en Europe, Pais 1995 : L'Ex-Yougoslavie en Europe : de la faillite des démocraties au processus de paix, Paris/Montréal, Editions L'Harmattan, 1997.
- Bianchini Stefano, La question yougoslave, Editions Casterman/Giunti, 1996.
- Canapa Marie-Paule : La Yougoslavie, paris, PUF, 1996.
- Cot Jean, général d'armée (sous la direction de), Dernière guerre balkanique ? Ex-Yougoslavie : témoignages, analyses, perspectives, Paris, Editions L'Harmattan, 1996
- Garde Paul : Vie et mort de la Yougoslavie, Paris, Editions Fayard, 1992.
- Grmek Mirko, Gjidara Marc et Simac Neven, Le nettoyage ethnique : documents historiques su une idéologie serbe, Editions Fayard, 1993.
- Kurlic Joseph, Histoire de la Yougoslavie de 1945 à nos jours, Bruxelles, Editions Complexe, 1993.
- Lévy Bernard-Henri, Le lys et la cendre : journal d'un écrivain au temps de la guerre de Bosnie, Paris, Editions Grasset, 1996.
Filmographie
LA BOSNIE AU CINEMA
A partir de 1987, la nation yougoslave s'est disloquée.
Des peuples, vivants jusqu'alors en harmonie, se sont déchiré
dans la guerre la plus meurtrière d'Europe depuis 1945. Le cinéma
s'est fait le reflet fidèle de cette succession de conflits et de ce
délire identitaire qui a secoué les Balkans.
- Underground (1995) d'Emir Kusturika, est un film un peu en marge puisqu'il propose une vision tragi-comique de l'histoire yougoslave de 1941 à la guerre serbo-croate en 1991.
- Joli village, joli flamme (1996) du jeune cinéaste Belgradois
Srdjan Dragojevic aborde de plein fouet cette guerre civile en Bosnie-Herzégovine, à travers l'histoire d'un soldat serbe de Bosnie rapatrié
dans un hôpital de Belgrade.
- Le Cercle Parfait (1996) du cinéaste Sarajévien
Ademir Kenovic, nous plonge dans la guerre avec un tact infini, sans
fioritures. Le réalisateur mélange tragédie collective
et petits drames personnels, situations réelles et rêvées, événements spectaculaires et chronique quotidienne du siège.
- Veillées d'armes (1994) de Marcel Ophuls, est une enquête
sur le travail des correspondants de guerre en Bosnie.
- Bosna (1994) de Bernard-Henri Lévy, est un documentaire
politique sur le guerre en Bosnie, un film militant, un cri d'indignation
lancé à l'opinion publique internationale.
- For ever Mozart (1996) de Jean-Luc Godard renonce à la
représentation pseudo-réaliste de cette guerre. L'auteur
choisit de débusquer dans l'histoire de notre siècle
des similitudes avec notre conjoncture contemporaine et donne une représentation du conflit yougoslave fulgurante, qui transcende les clichés.
- Territoire commanche (1997) de Gerardo Herrero, illustre les
dérives de l'information spectacle. On y voit une équipe
de la télévision espagnole interroger un sniper à son
poste, comme s'il s'agissait d'une curiosité locale. Soudain
viseur de la caméra et ligne de mire du fusil se confondent
: le coup part et la caméra enregistre en direct la mort d'un
homme. Le film dénonce le voyeurisme des journalistes et des
téléspectateurs, proche d'une complicité
de meurtre.
- Si je t'oublie Sarajevo (1997) d'Arnaud Sélignac, est
un film qui pose des questions d'ordre idéologique, éthique
et esthétique sur la représentation du conflit en ex-Yougoslavie,
et plus implicitement sur la manière de filmer la guerre en
général.
- Baril de poudre (1998) du réalisateur serbe Goran Paskaljevic
évoque le chaos yougoslave avec un humour noir dévastateur. Retraçant
les destins croisés d'une vingtaine de personnages, le temps d'une nuit, à Belgrade, le film se veut une chronique douce amère : " dans un pays où règne la loi du plus fort, d'où l'on ne peut sortir, chacun devient un baril
de poudre ".
Deux autres films enfin traitent du sujet de façon plus indirecte : Lettres
pour L... de Romain Goupil, et Le regard d'Ulysse de Theo Angelopoulos
(1995), deux films-parcours conçus par leurs auteurs comme un itinéraire
révélateur aboutissant à Sarajevo dont ils démontrent les meurtrissures.